III LES BALISTIQUES   

 

 bd.jpg

 

     1°)Qu'est ce que la balistique ?

 

La balistique est une science-physique qui étudie le mouvement d’un corps lancé dans l’espace (ex : munition, projectile). La balistique est divisée en trois grandes phases.
a. la balistique intérieure : qui aborde le déplacement du projectile dans le canon.
b. la balistique extérieure : qui aborde le déplacement du projectile entre le moment où il sort du canon et où il atteint sa cible.

 
c. la balistique terminale : qui aborde les effets du projectile sur sa cible.

 -La balistique intérieure étudie le diamètre, la taille, la quantité de poudre, la masse de la cartouche… pour permettre de créer des cartouches qui obtiendront un meilleur rendement pour les cibles.

 

-La balistique extérieure et la balistique terminale sont moins utilisées par les experts en balistique des laboratoires de police. En effet, ils n’utilisent que la balistique externe pour déterminer la position du tireur ce qui permettra de retrouver des douilles. Ils l’utilisent aussi en cas d’absence de balle.
De plus les spécialistes utilisent la balistique terminale pour étudier les dommages (trous) causés par la balle.


     2°)Les armes à feu :

armes.jpg

La récupération de l’arme est un indice précieux pour les balisticiens. En effet, elle peut les aider à déterminer le nombre de coups de feu puisqu’il est possible de compter les cartouches restantes à l’intérieur.

 Il existe deux types d’armes à feu :

 - Armes à canon rayé (revolvers, pistolets, carabines et mitrailleuses)

 - Armes à canon lisse (fusils)

 Dans la première catégorie d’armes, l’intérieur du canon présente des rainures en spirales. Ces spirales font tournoyer la balle et lui assurent un trajet rectiligne. En revanche, la seconde catégorie d’armes possède un canon lisse. Ces armes provoquent des blessures très différentes et facilement identifiables.

 

Pour les armes à canon lisse, plus la cible est éloignée, plus l’impact du tir est étendu. Si le coup de feu est tiré à moins de 2 m de la victime, le point d’impact aura un diamètre légèrement plus large que le calibre de l’arme. En moyenne, le point d’impact s’agrandit de 2,5 cm  par mètre.

 Les différentes armes à feu :

-Arquebuse 
-Fusil à poudre noire 
-Carabine 
-Fusil 
-Fusil d'assaut
-Fusil de chasse
-Fusil à pompe
-Fusil de précision
-Fusil mitrailleur
-Lance-roquette
-Mitrailleuse
-Mousquet
-Pistolet
-Pistolet mitrailleur
-Poivrière
-Revolver
-Tromblon


     3°) Les munitions:

douilles.jpg

  Ce que recherche un expert en balistique, c’est la « signature mécanique » d’une arme.  Cette signature se caractérise par des sillons et des stries visibles sur la surface de la balle. En effet, lorsque le tireur appuie sur la détente, le marteau frappe le percuteur, qui laisse une trace à la base de la douille. En passant dans le canon, la balle frotte contre des lignes de métal en relief sur la paroi. Ces lignes sont conçues pour imprimer un mouvement de rotation à la balle, ce qui en augmente la portée. Mais ces lignes laissent des rainures sur la balle. À l'éjection de la douille, l'éjecteur laisse une autre marque caractéristique. Tout cela compose la « signature mécanique ». Or cette signature est caractéristique de l’arme utilisée.

 Pour s’assurer de la correspondance arme-balle, un expert effectue un tir expérimental dans un puits de tir en laboratoire.

 Le puits de tir est un puits avec un panier au fond, rempli d’eau qui freine ainsi la balle et permet de la récupérer intact en remontant le panier. Dans les armes modernes, les munitions sont des balles pointues à l’avant et plates à l’arrière. La base est maintenue par la douille creuse, remplie de poudre. A l’arrière de la douille se trouve l’amorce, qui se déclenche lorsqu’elle est frappée par le percuteur. La balle est alors expulsée, tandis que la douille est maintenue à l’intérieur du canon ou, dans certains chargeurs automatiques, éjectée.

 Au fil des années, les spécialistes en balistique ont amélioré leurs techniques pour leur permettre de mettre en correspondance les balles et les armes ainsi que les armes et les individus.

 

Il existe différents types de munitions :

 

-Balles blindées : ce sont les balles les plus simples. Le noyau est entièrement enveloppé par un métal dur.  douille-1-2.jpg
-Balles perforantes : le noyau est enchemisé d’un métal tendre.douille-2.jpg
-Balles à tête creuse ou molle : elles se déforment lors de l’impact pour augmenter leur efficacité.  douille-3.jpg
-Chevrotine et Glaser : elles sont composées de projectiles multiples, ce qui augmente leur chance d’atteindre une petite cible en mouvement.  douille-4.jpg
-Munition militaire : elles sont très destructives. douille-5.jpg

 

     4°)Identification par éléments de munitions :

 

 Les indices ne se trouvent pas que sur la victime. En effet, les balisticiens peuvent retrouver des traces d’éléments chimiques déposés lors du tir. Ils se trouvent généralement sur les mains de l’agresseur, sur la zone palmée entre le pouce et l’index. Pour cela les experts doivent tamponner les mains du tireur. Il est évident que le suspect doit avoir tenu ou actionné une arme très récemment. Les spécialistes utilisent donc l’analyse d’activation des neutrons ou la spectrophométrie par absorption atomique pour chercher les traces de baryum, de plomb et d’antimoine. Ces substances sont présentes dans l’amorce. 

La spectrométrie d’absorption atomique permet de quantifier les éléments métalliques en solutions. Chaque élément a un nombre spécifique d’électrons associés à son noyau. La configuration orbitale normale et la plus stable des électrons est appelée état de base. Lorsque qu’une énergie est fournie à un atome, ce dernier l’absorbe et adopte une configuration électronique appelée état d’excitation. Cet état est instable et l’atome retourne immédiatement à son état de base libérant ainsi une énergie lumineuse. Lors du procédé d’absorption atomique l’énergie fournie à l’atome provient d’une source lumineuse appelée  lampe à cathode creuse. L’atome dans son état de base absorbe l’énergie lumineuse à une longueur d’onde spécifique et passe à un état d’excitation. Un détecteur mesure la quantité de lumière absorbée et un signal électronique est produit en fonction de l’intensité lumineuse. Le contact entre les atomes et la source lumineuse est assuré par la cellule d’absorption. La cellule d’absorption est en fait une flamme générée par la combustion d’acétylène en présence d’oxygène. L’échantillon à analyser est aspiré par l’appareil et transformé en aérosol. La flamme atomise ensuite les éléments contenus dans l’aérosol et les place en travers du faisceau de la lampe à cathode creuse. La lampe à cathode creuse émet le spectre lumineux spécifique à l’élément analysé. La cathode et l’anode de la lampe sont composées uniquement de l’élément dont le spectre lumineux doit être produit. Un potentiel électrique est appliqué entre l’anode et la cathode, ce qui a pour effet d’ioniser le gaz contenu dans la lampe. Les ions de gaz vont ensuite entrer en collision avec la cathode, ce qui déloge des atomes métallique. Ces atomes vont aussi entrer en collision avec les ions de gaz ce qui les fait passer à un état d’excitation. Ils retournent aussitôt à leur état de base ce qui produit l’énergie lumineuse désirée.

  spectrometrie.jpg

Dans certains cas, un microscope électronique à balayage est utilisé pour révéler d’infimes détails, prélevés à l’aide de disques en aluminium spécialement conçus et couverts d’un ruban adhésif. Les fabricants de balles emploient différents recettes pour la composition de la substance explosive. L’analyse des produits chimiques présents dans les résidus de poudre et la comparaison des résultats par rapport à une base des données de référence permettent de connaître le fabricant de la balle incriminée.
Si les mains d’un suspect ne présentent aucune trace de poudre, on peut donc supposer que la personne n’est pas le tireur. Ou alors qu’elle portait des gants ou que le tir a été impeccable. A l’inverse, si les experts retrouvent des résidus sur la paume de la main, mais que ces résidus ne se trouvent pas entre le pouce et l’index, cela peut supposer que le suspect a tenu l’arme en main après le coup de feu, sans qu’il en soit forcement l’auteur.

 

schema-douille.png 

 

1 : balle ou obus / 2 : douille / 3 : charge explosive / 4 : culot / 5 : amorce

 

 POINT INFO : Dans la police scientifique, les balisticiens s’aident d’ordinateurs. En effet, il existe de puissants systèmes qui permettent aux spécialistes de comparer les balles presque immédiatement avec les enregistrements d’une base de données. La base de données DRUGFIRE du FBI administre les images numérisées d’étui de cartouche. Le système IBIS (système intégré d’identification balistique) développé pour l’ATF conserve les images numériques des cartouches et des balles. En 1999, les personnels de FBI et de l’ATF ont fusionné meurs deux systèmes pour créer le NIBIN. Les balisticiens ont donc pu utiliser simultanément les ressources des deux bases de données. Les experts en armes à feu prennent les photos des marques à l’aide d’appareils numériques et l’ordinateur effectue ensuite une recherche dans la base de données. En quelques secondes, il compare les photos prises à des milliers d’enregistrements. L’ordinateur dresse une liste des ressemblances et des vraisemblances ce qui permet au technicien de les examiner.

 

     5°)Les trajectoires de tir:

tir-virtuel.jpg

 La trajectoire de la balle varie en fonction de la distance et de la direction du tir. Grâce au trou d’entrée et trou de sortie, les scientifiques peuvent déterminer le trajet et la direction de la balle. L’insertion d’un pointeur laser à l’intérieur des trous provoqués par les balles dans les objets, les murs ou autres surfaces aide à repérer la position de l’arme. Les experts utilisent aussi un logiciel de reconstitution virtuelle pour « revivre » la scène. Définir qu’une balle a changé sa trajectoire en heurtant un objet peut modifier l’enquête. En effet, la défense peut utiliser cette preuve pour affirmer que l’accusation d’homicide involontaire serait plus appropriée que celle de meurtre car le coupable n’avait pas pour intention de tuer sa victime mais seulement de la blesser.

 Une balle transperce la peau en 50 nanosecondes. Elle traverse l’épiderme, ce qui déforme la peau et l’onde d’énergie provoque une déchirure des vaisseaux sanguins de la couche sous épidermique. La cavité résiste 3 nanosecondes. Ces dommages varient selon le type d’arme et de munition ainsi que par la distance entre la peau et l’arme à feu.

 Ces informations sont primordiales pour établir les circonstances précises de la mort.

  

     6°)Les distances de tir:

 

Un coup de feu tiré à moins de 2 cm laisse une grande quantité de poudre autour de la plaie. Lorsque la balle traverse un vêtement, celle si peut bruler les bords.
Si l’arme est tenue entre 30 et 40 cm, le tir laisse des points éparpillés de poudre brulée et non brulée. En revanche, si le coup de feu est tiré à 1 m de distance, on peut retrouver des traces de poudre sur la cible.
Les balisticiens peuvent retrouver des résidus de poudre même si l’agresseur se situait à 2 km de sa victime, à condition qu’il ait utilisé une arme surpuissante. Puisque la balle est recouverte d’une fine couche de poussière, qui disparait lorsque la balle pénètre dans le corps de la victime et qui peut être recueillie en essuyant soigneusement le point d’entrée.

 

     7°) Les résidus de tir:

 tir-poudre.jpg

Les résidus de poudre offrent de précieuses informations. Ils sont recueillis sur la main d’un suspect. Les résidus permettent de déterminer la distance du tir. Cet indice peut se révéler utile si le suspect affirme avoir agi en cas de légitime défense, puisque l’on peut déterminer la distance qui le séparait de l’agresseur. Les spécialistes peuvent aussi l’utiliser en cas de suspicion de suicide : un examen attentif révèle des motifs extrêmement caractéristiques indiquant que l’arme a été retenue très près. L’absence de ces marques laisse présumer qu’il s’agit d’un acte criminel.

schema-arme.jpg  

        
Dans cet extrait, nous pouvons nous demander s'il est réellement possible de déterminer le calibre d'une arme rien qu'en observant la balle. Mais si l'on possède les connaissances nécessaires, il est possible de déterminer le type d'arme utilisé, à l'aide d'une balle retrouvée. En effet, on peut définir l'origine d'une balle en regardant sa taille, son poids, sa forme etc...Grâce à ses rayures, on peut identifier  l'arme utilisée puisque lors du tir, la balle passe dans le canon, et celle-ci est marquée par les rainures présentes dans le canon. Il est donc possible d'obtenir ces nombreuses informations en ne regardant que la balle, à l'oeil nu.

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site